Hier soir, soirée de soutien à Ingrid Bétancourt au Théatre du Rond Point. Un grand merci à Hervé, Ludo, Dorothée, Muriel, Arnaud et tous les autres, membres du comité de soutien à Ingrid, qui se battent avec l’énergie de l’espoir pour qu’on ne l’oublie pas et que cesse enfin son calvaire. Nous sommes solidaires de leur combat. Merci également à eux de nous associer, chaque fois qu’ils le peuvent, à toutes leurs manifestations afin que le nom de Marc ne tombe pas dans l’oubli. Merci pour leur générosité. Merci enfin à Olivier et son émouvante lettre ouverte à Marc. Manifestement, elle n’a laissé personne indifférent. Ni le public, ni le ministre ;) L’accueil qu’il a reçu montre que la sensibilité n’est pas morte sur cette planète. Que des anonymes sont encore capables de vibrer pour des anonymes. Que l’indifférence contemporaine n’est pas encore parvenue à bout de la solidarité. Et qu’on est encore tous en droit de continuer à espérer. Merci à tous. Le combat continue. Venceremos !

Lettre à Marc:
Marco. Cela fait longtemps que tu ne m’as pas fait de sourire. Cela fait longtemps que je n’ai pas entendu le son de ta voix. L’éclat de ton rire. Cela fait longtemps que l’on n’a pas parlé tous les deux. Longtemps que tu n’as pas cherché à m’imposer, péremptoire, tes certitudes. Le doute ça sera pour plus tard. Quand le temps aura bousculé un peu tout ça. Marco, cela fait longtemps que tu ne m’as pas appelé pour aller au ciné. Je n’ai pas beaucoup amorti mon abonnement depuis toi. Cela fait longtemps que nous n’avons pas parlé littérature tous les deux. Je me souviens de ton enthousiasme pour les auteurs sud-américains. Un peu avant de partir pour Bogotá, tu m’avais convaincu de me replonger dans ce chef d’oeuvre de Garcia Marquez qui, des années auparavant, m’était tombé des mains d’ennui. Mauvaise nouvelle : je l’ai à nouveau laissé tomber. Il est temps que tu reviennes, si tu veux que je le termine un jour. Oui, il est temps que tu reviennes. Mais pour cela, il faudrait qu’on t’aide un peu. Et là, mauvaise nouvelle, les politiques ne sont toujours pas décidés à se bouger. On les aurait voulu concernés, volontaires, efficaces. Ils sont justes passifs. Marc Beltra ? Quel journal ? Et oui Marco, c’est comme ça que ça marche dans la patrie des droits de l’homme. Si tu n’as pas tous les jours ta photo à la une des journaux, si ton nom ne défile pas en bas des écrans de télévision pour rappeler ta détresse à ceux qui nous gouvernent, ils t’oublient. Tout simplement. De vraies têtes de linote. Alors toi, de ton côté, dans ton coin perdu d’Amazonie, inutile de lever la tête au ciel dans l’espoir d’hypothétiques hélicoptères, inutile de guetter le ronronnement espéré d’une vedette sur la rivière, la cavalerie ne viendra pas. Elle attend ses putain d’ordres. Et personne ne semble motivé pour les donner. Mais pour autant, ne désespère pas Marco. Les gens qui t’aiment ne t’ont pas abandonné. Ils se battent pour que ton nom cesse d’être un simple numéro de dossier aux ministères de la justice et des affaires étrangères. Ils se mobilisent pour que ton nom et ton visage viennent troubler chaque jour leur apathie. Regarde cette salle Marco, des centaines de gens. Et sur scène, Renaud et tous ses amis. Tout ça pour toi. Enfin presque. Pour être franc, s’ils sont là, c’est pour soutenir Ingrid Betancourt. Avant de venir ce soir, la plupart n’avait jamais entendu ton nom. Mais je te promets que désormais ils ne l’oublieront pas. Voilà Marco. Courage. On t’aime et on t’embrasse. Et si Ingrid est à côté de toi, embrasse là pour nous. A très bientôt.