30 octobre 2005
Les Verts à Bogota
Communiqué de presse:
Une délégation de 20 responsables de partis Verts de tous les continents se rendra à Bogota du 31 octobre au 6 novembre dans le cadre d'une action internationale de solidarité avec Ingrid Bétancourt, Clara Rojas et tous les otages colombiens.
Cette délégation sera conduite par Grazia Francescato, porte parole du
Parti Vert européen, et Alain Lipietz, député européen président de la
délégation Communauté Andine, et Sergio Coronado, porte-parole des
Verts.
Des Verts du Luxembourg, des Pays-Bas, d’Italie,
d’Australie, des Etats-Unis, du Brésil, du Mexique, du Niger, de
Mongolie, du Japon et de Taiwan donneront à cette délégation sa
dimension mondiale. Les Verts français seront représentés, outre Alain
Lipietz et Sergio Coronado, par Patrick Farbiaz, délégué aux relations
internationales. Cette action de solidarité répond à une proposition
des Verts français, qui a été adoptée par le Parti Vert Européen qui en
a délégué la réalisation aux Verts français en liens avec les Verts
colombiens.
Les Verts mondiaux entendent ainsi montrer
publiquement à l’opinion publique colombienne, au président Uribe et
aux FARC le prix qu’ils attachent à la libération de l’ensemble des
otages colombiens, dont Ingrid Betancourt et Clara Rojas qui ont été
enlevées par les FARC, il y a près de quatre ans alors qu’elles
menaient leur campagne de candidates à la présidence et à la
vice-présidence au nom du Partido Verde-Oxigeno. Les Verts sont
convaincus qu’une très forte pression internationale est nécessaire
pour pousser le président Uribe et les FARC à un accord humanitaire.
La délégation des Verts s’associera à la manifestation des parents de victime, et aura de nombreux entretiens avec de nombreuses organisations et personnalités colombiennes
comme Luis Eduardo Garzon, maire de Bogota, Luis Carlos Restrepo,
commissaire à la paix du gouvernement, Mgr Luis Augusto Castro,
président de la conférence épiscopale, des forces politiques de la
gauche démocratique (Pole démocratique indépendant, Front Social et
politique), des syndicats, des ONG, etc.
Elle mettra en lumière
également les nombreux dégâts environnementaux consécutifs au conflit
aux côtés des associations de protection de la nature, et annoncera les
mesures que les Verts mettront en place de façon permanente en faveur
des otages.
Sergio Coronado, porte-parole national
Mathieu, notre avocat, a rencontré Sergio Coronado avant son départ. Ce dernier s'est montré sensible au cas de Marc. Mathieu lui a remis un dossier sur la disparition ainsi que des photos. A suivre.
25 octobre 2005
Le combat continue
Hier soir, soirée de soutien à Ingrid Bétancourt au Théatre du Rond Point. Un grand merci à Hervé, Ludo, Dorothée, Muriel, Arnaud et tous les autres, membres du comité de soutien à Ingrid, qui se battent avec l’énergie de l’espoir pour qu’on ne l’oublie pas et que cesse enfin son calvaire. Nous sommes solidaires de leur combat. Merci également à eux de nous associer, chaque fois qu’ils le peuvent, à toutes leurs manifestations afin que le nom de Marc ne tombe pas dans l’oubli. Merci pour leur générosité. Merci enfin à Olivier et son émouvante lettre ouverte à Marc. Manifestement, elle n’a laissé personne indifférent. Ni le public, ni le ministre ;) L’accueil qu’il a reçu montre que la sensibilité n’est pas morte sur cette planète. Que des anonymes sont encore capables de vibrer pour des anonymes. Que l’indifférence contemporaine n’est pas encore parvenue à bout de la solidarité. Et qu’on est encore tous en droit de continuer à espérer. Merci à tous. Le combat continue. Venceremos !
Lettre à Marc:
Marco. Cela fait longtemps que tu ne m’as pas
fait de sourire. Cela fait longtemps que je n’ai pas entendu le son de
ta voix. L’éclat de ton rire. Cela fait longtemps que l’on n’a pas
parlé tous les deux. Longtemps que tu n’as pas cherché à m’imposer,
péremptoire, tes certitudes. Le doute ça sera pour plus tard. Quand le
temps aura bousculé un peu tout ça. Marco, cela fait longtemps que tu
ne m’as pas appelé pour aller au ciné. Je n’ai pas beaucoup amorti mon
abonnement depuis toi. Cela fait longtemps que nous n’avons pas parlé
littérature tous les deux. Je me souviens de ton enthousiasme pour les
auteurs sud-américains. Un peu avant de partir pour Bogotá, tu m’avais
convaincu de me replonger dans ce chef d’oeuvre de Garcia Marquez qui,
des années auparavant, m’était tombé des mains d’ennui. Mauvaise
nouvelle : je l’ai à nouveau laissé tomber. Il est temps que tu
reviennes, si tu veux que je le termine un jour. Oui, il est temps que
tu reviennes. Mais pour cela, il faudrait qu’on t’aide un peu. Et là,
mauvaise nouvelle, les politiques ne sont toujours pas décidés à se
bouger. On les aurait voulu concernés, volontaires, efficaces. Ils sont
justes passifs. Marc Beltra ? Quel journal ? Et oui Marco, c’est comme
ça que ça marche dans la patrie des droits de l’homme. Si tu n’as pas
tous les jours ta photo à la une des journaux, si ton nom ne défile pas
en bas des écrans de télévision pour rappeler ta détresse à ceux qui
nous gouvernent, ils t’oublient. Tout simplement. De vraies têtes de
linote. Alors toi, de ton côté, dans ton coin perdu d’Amazonie, inutile
de lever la tête au ciel dans l’espoir d’hypothétiques hélicoptères,
inutile de guetter le ronronnement espéré d’une vedette sur la rivière,
la cavalerie ne viendra pas. Elle attend ses putain d’ordres. Et
personne ne semble motivé pour les donner. Mais pour autant, ne
désespère pas Marco. Les gens qui t’aiment ne t’ont pas abandonné. Ils
se battent pour que ton nom cesse d’être un simple numéro de dossier
aux ministères de la justice et des affaires étrangères. Ils se
mobilisent pour que ton nom et ton visage viennent troubler chaque jour
leur apathie. Regarde cette salle Marco, des centaines de gens. Et sur
scène, Renaud et tous ses amis. Tout ça pour toi. Enfin presque. Pour
être franc, s’ils sont là, c’est pour soutenir Ingrid Betancourt. Avant
de venir ce soir, la plupart n’avait jamais entendu ton nom. Mais je te
promets que désormais ils ne l’oublieront pas. Voilà Marco. Courage. On
t’aime et on t’embrasse. Et si Ingrid est à côté de toi, embrasse là
pour nous. A très bientôt.




