700 jours. Les chiffres tout ronds, c’est comme pour les anniversaires, c’est dur à passer. Sauf qu’avec les anniversaires, une fois la pilule avalée, on continue sur sa lancée. Mais là, on a du mal à avaler. Et on ne veut pas continuer. On veut que le décompte cesse. On veut retrouver Marc. Et si possible en bon état. Or chaque jour qui passe rend cet objectif encore plus incertain. Dans son récit de voyage « El rio de la desolacion – un viaje por el Amazonas » le journaliste écrivain espagnol Javier Reverte écrit : « Me parece que la violencia sigue siendo la unica ley en aquellos territorios impios. Siento que alli todo le esta permitido al furor de la Naturaleza y a los mas salvajes corazones humanos ». Tout est dit. L’Amazonie est le lieu de la violence. Celle de la nature et celle des hommes. Du moins, de certains. C’est pourquoi il est urgent de retrouver Marc. Il est urgent que les enquêteurs français puissent reprendre leur investigation. Il est urgent que les pouvoirs publics interviennent pour les aider à  accomplir leur mission. Pour cela, il faut que ces mêmes pouvoirs publics cessent de se draper dans leur orgueil déplacé. Il faut qu’ils reconnaissent que, pour Marc, ils n’ont fait que le minimum. Ce qu’ils doivent à tout citoyen en difficulté quelque part dans le monde. Et puisque ce minimum n’a rien donné, il faut faire plus. Et ce "plus" n’est pas énorme. Il consiste à passer quelques coups de téléphone en Colombie, au Brésil et au Pérou afin d’ accélérer les processus de décision. Rien de sorcier pour des diplomates français, si performants selon leur ministre de tutelle. Il est donc temps de faire plus pour retrouver Marc. Plus précisément, il est urgent de tout faire pour retrouver Marc. Car quand on n’a pas tout fait pour quelqu’un, on a rien fait.

"Il me semble que la violence continue d'être l’unique loi dans ces territoires maudits. J'ai le sentiment qu'ici, tout est permis à la fureur de la Nature et aux coeurs humains les plus sauvages".