29 janvier 2006
Paris – Bogota A/R
Les choses bougent. Le ministère des affaires étrangères semble décidé, en ce début d’année, à prendre en compte le cas de Marc. En effet, nous avons été invités par le ministre à l’accompagner lors de son déplacement à Bogota le 26 janvier dernier. L’objectif de ce voyage était d’améliorer les relations franco-colombiennes, altérées par les tentatives unilatérales de la France pour obtenir la libération d’Ingrid Bétancourt. Les différentes initiatives prises par la France ont fini par agacer Alvaro Uribe. Apparemment, la rencontre entre les deux hommes s’est bien passée, le président colombien ayant donné son soutien au projet de négociation avec les Farc, mené conjointement par la France, la Suisse et l’Espagne. Au programme du ministre, il y avait également une rencontre avec les familles de sequestrés. Outre la mère et le mari d’Ingrid, il y avait la mère de Clara Rojas, Monsieur Duvaltier et sa fille ainsi que deux représentantes des familles de sequestrés. Le cercle des sequestrés avait été élargis aux disparus puisque je représentai la famille de Marc. En fin de journée, dans son discours devant des représentants de la communauté française, le ministre a renouvelé son engagement à retrouver rapidement Ingrid Bétancourt, Aïda Duvaltier et Marc Beltra. Une Française debout à côté de moi s’est demandée à haute voix qui était Marc Beltra… En attendant de reprendre l’avion pour Paris, j’ai pu avoir un entretien avec Douste-Blazy. Je lui ai dit que nous étions toujours bloqué par le non retour de la commission rogatoire internationale émise à destination du Brésil. Il m’a assuré qu’il allait intervenir auprès de son homologue brésilien avec lequel il entretenait d’excellentes relations. A suivre donc, avec à la clef, l’espoir de voir les policiers de la Brigade criminelle pouvoir enfin repartir sur place continuer leur enquête. Dans quinze jours, si la situation ne s'est toujours pas débloquée, nous remonterons au créneau.
22 janvier 2006
« Si tu n’espères pas l’inespéré, tu ne le trouveras pas »
C’est par cette citation d’Héraclite que Douste Blazy a conclu ses vœux à la presse le 11 janvier dernier. Rien à dire. Pour une fois, nous sommes d’accord. Ca fait plus de deux ans que nous avons fait notre cette maxime.
Auparavant, le ministre avait évoqué Marc parmi « les cas douloureux sur lesquels le ministère travaille avec détermination et avec conviction » (sic): « Je continuerai de me battre aussi, soyez en certains, pour qu'Ingrid Betancourt retrouve sa liberté en Colombie. Je n'oublie pas non plus tous ces Français disparus ou emprisonnés pour lesquels j'entends me mobiliser, qu'il s'agisse de Céline Henry au Népal, de Marc Beltra en Colombie, de Christophe Beck au Venezuela ou encore de Michaël Blanc en Indonésie ». C’est la première fois, depuis la disparition de Marc que le ministère des affaires étrangères évoque de lui-même, sans répondre à une question de journaliste ou de député, le cas de Marc. Preuve que la médiatisation de sa disparition que nous avons entreprise depuis quelques semaines commence à porter ses fruits. Mais nous savons qu’il nous faut continuer à nous battre pour éviter que ces vœux n’engagent, comme les promesses électorales, que ceux qui les entendent. Il faut que les actes suivent. Cela va faire bientôt huit mois que le juge chargé de l’instruction a émis les commissions rogatoires internationales à destination de la Colombie, du Pérou et du Brésil. Officieusement, la Colombie et le Pérou auraient donné leur accord. Le Brésil traine des pieds. Que fait concrètement le ministère des affaires étrangères pour obtenir enfin cette dernière autorisation qui permettrait aux enquêteurs de la police judiciaire de retourner sur place continuer leur travail ? Nous l’ignorons. Contrairement aux allégations du ministère dans son point de presse du 4 janvier, reproduit ci-dessous, nous n’avons aucune relation avec lui.
(La France est accusée d'avoir oublié le Français Marc Beltra disparu il y a plus de deux ans en Colombie. Quelles sont les mesures prises actuellement pour le retrouver ?)
Depuis la disparition de M.Marc Beltra, fin 2003, dans une région de Colombie frontalière du Brésil et du Pérou, le ministère des Affaires étrangères a fait et continue de faire tout ce qui est possible pour retrouver la trace de ce jeune coopérant français.
Toutes les pistes permettant de faire la lumière sur la disparition de notre compatriote sont explorées, notamment par notre ambassade à Bogota, en liaison avec les autorités locales colombiennes, la justice française et la famille de M. Beltra.
De même, nos attachés de sécurité intérieure à Brasilia et Lima sont en contact étroit avec les équipes d'investigation des polices des Etats concernés. Les recherches n'ont, jusqu'à maintenant, apporté aucune information susceptible d'expliquer la disparition de notre compatriote.
Un juge d'instruction a été désigné par la justice française pour mener l'enquête.
Le ministère des Affaires étrangères reste entièrement mobilisé./.
A suivre.
10 janvier 2006
Vif du sujet
Aujourd'hui, France-Culture a consacré une très belle émission à la disparition de Marc. Je ne saurai que recommander à tous ceux qui s'intéressent à cette histoire d'écouter cette émission en la téléchargeant à partir du lien ci-dessous.
France-Culture - Vif du sujet - 10/01/2006
Merci beaucoup à Michel Pomarède pour la qualité de son travail. Merci également à Adriana, Yamil, Sylvain, Julien et Mathieu d'avoir accepté de témoigner dans cette émission. Merci enfin à Olivier pour avoir prêté sa voix à Marc. Et bien sûr, toute mon amitié et ma solidarité à Osange et Fabienne qui, comme nous, mènent un douloureux combat.
01 janvier 2006
Anti-minute de silence le 4 janvier, 12H
Mercredi 4 janvier, Marc aura 24 ans. Pour montrer que l’on ne l’oublie pas et surtout pour attirer l’attention de tous – et en particulier des pouvoirs publics - sur son cas, nous lançons ce même jour, une "ANTI-minute de silence". L’idée est simple : faire en sorte que la chanson de Clarika soit écoutée ce jour là par le maximum de personnes en même temps, à midi. Pour cela, il suffit de télécharger la chanson, de l’envoyer par mail à tout votre carnet d’adresses et/ou de la graver et de l’offrir autour de vous. Et le 4 janvier à midi, jouer la à fond, chantez la à tue-tête, faites entendre haut et fort ce message de détresse et d’espoir. Ce n’est pas grand chose, un petit rien, une action symbolique, mais c’est une très jolie façon de médiatiser la disparition de Marc et de faire en sorte qu’on parle enfin de lui. Que son nom raisonne dans les airs et sur les ondes. Et qu’enfin les pouvoirs publics se penchent sur son cas.
Merci de votre coopération et bonne année à tous.




