28 février 2006
L'union fait la force
Encore une fois, les faits sont venus corroborer ce vieux proverbe. Quand Chirac, de Villepin, Douste-Blazy et Sarkozy oublient leurs querelles pour mettre tout leur poids dans la balance, ça paie. Il a fallu deux jours pour que des inspecteurs de la Brigade criminelle obtiennent l'autorisation de se rendre en Côte d'ivoire dans le cadre de l'horrible affaire Ilan Halimi. Nous, cela fait 14 mois que nous attendons et un mois que Douste-Blazy nous a promis d'intervenir. Toujours sans résultat.
Précisions
Dans beaucoup de messages de sympathie qui nous parviennent, je constate un malentendu que je voudrais éclaircir ici.
Marc a disparu dans des circonstances que nous ignorons complètement. La seule chose dont nous pouvons être à peu près sûrs, c’est qu’il a disparu sur le Javari, affluent de l’Amazone qui sert de frontière naturelle entre le Brésil et le Pérou. Cette zone n’est pas une zone où les FARC sont présentes. Interrogées par les représentants français en Colombie au début de la disparition de Marc, les FARC avaient nié le détenir. Les autorités françaises nous avaient dit, toutefois, qu’il ne fallait pas prendre leur parole pour argent comptant. Des expériences précédentes avaient montré que les FARC savaient également manier l’arme du mensonge quand cela servait leur intérêt. D’autre part, selon un témoignage Marc aurait été aperçu dans un village occupé par les FARC dans la région du Putumayo, autre affluent de l’Amazone, situé plus au nord que le Javari, qui sert de frontière naturelle entre le Pérou et la Colombie. Les FARC sont présentes dans cette région du Putumayo. Marc a très bien pu être enlevé par des criminels et revendu aux FARC, scénario fréquent en Colombie. A ce jour, cette piste reste une hypothèse qui n’a jamais été vérifiée.
Ceci dit, que les FARC détiennent ou non Marc, ce n’en sont pas moins des ordures. Quel exemple peut on pendre de gens qui tirent la majorité de leurs ressources du narco-trafic ? Quel type de régime peut on attendre de gens qui détiennent arbitrairement et pendant des années des centaines d’innocents ? Que penser de « révolutionnaires » qui n’hésitent pas à abattre comme des chiens ceux qui tentent de retrouver leur liberté ? De quel côté est le fascisme ? Jusqu’à preuve du contraire la Colombie est une démocratie. Les combats politiques du 21ème siècle doivent être menés avec les armes de la démocratie. Il y en a marre de la violence et du sang pour défendre des idées. Pourquoi les FARC n’abandonnent-elles pas leur pseudo-combat révolutionnaire et ne créent-elles pas un parti politique pour défendre leurs idéaux ? Pourquoi n’essaient-elles pas de renverser par le vote le régime soit-disant fasciste et corrompu d’Uribe ? Probablement parce qu’elles redoutent la sanction des urnes et du « prolétariat » qui n’aspire qu à vivre en paix. Ingrid Bétancourt, quoiqu’on puisse en penser, a choisi la voix des élections pour défendre ses idées. Et malgré son faible score elle a continué son combat. C’est tout à son honneur. Se réclamer de Che Guevara – comme le font les FARC - dans leur combat contre le pouvoir colombien actuel est une imposture. La Colombie d’aujourd’hui n’a rien à voir avec la Bolivie de la fin des années soixante. Le Che, comme Mahomet, doit se retourner dans sa tombe devant les exactions commises par ceux qui se réclament de son nom.
PS: Petite dépêche pour Julio, datant de ce jour:
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26 février 2006
Merci à tous
Merci d'abord à Clarika, notre ambassadrice de charme. Merci à tous ceux qui, grâce à elle, découvre l'histoire de Marc et témoignent sur ce blog de leur sympathie et de leur solidarité.
A ce jour, toujours pas de nouvelles. Nous avons relancé un conseiller de Douste-Blazy. Il nous a répondu: "On fait le max. Croyez nous. Nous sommes motivés." Il ne nous reste plus qu'à continuer à attendre. Simple question d'habitude...
12 février 2006
Quinze jours après
Aucune nouvelle du quai d'Orsay, deux semaines après notre voyage express à Bogota. Bien sûr, il y a eu la victoire du Hamas, le nucléaire iranien, l'affaire des caricatures, ... Autant d'évènements qui ont sans doute largement accaparé Douste-Blazy. Pas de place dans son agenda de ministre pour s'entretenir au téléphone avec son homologue brésilien au sujet de cette CRI en attente. J'ai donc relançé par mail, vendredi dernier, un de ses conseillers. Il m'a immédiatement répondu qu'il faisait "le nécessaire dès lundi afin que notre poste relance les autorités brésiliennes". Autrement dit, il n'est plus question de coup de téléphone de ministre à ministre, mais d'une intervention de notre ambassade à Brasilia auprès des autorités brésiliennes. Ce n'est pas ce qui avait été promis. Il y a longtemps que notre ambassade aurait dû intervenir pour obtenir le débloquage de cette CRI. Mais, mieux vaut tard que jamais. Nous espérons aujourd'hui que notre représentation à Brasilia obtiendra, rapidement, un résultat positif . Sinon, nous reviendrons, rapidement, vers le ministre en personne.




