Desaparecido

Weblog consacré à la recherche de Marc Beltra, étudiant français disparu en Colombie en décembre 2003.

22 janvier 2006

« Si tu n’espères pas l’inespéré, tu ne le trouveras pas »

C’est par cette citation d’Héraclite que Douste Blazy a conclu ses vœux à la presse le 11 janvier dernier. Rien à dire. Pour une fois, nous sommes d’accord. Ca fait plus de deux ans que nous avons fait notre cette maxime.
Auparavant, le ministre avait évoqué Marc parmi « les cas douloureux sur lesquels le ministère travaille avec détermination et avec conviction » (sic): « Je continuerai de me battre aussi, soyez en certains, pour qu'Ingrid Betancourt retrouve sa liberté en Colombie. Je n'oublie pas non plus tous ces Français disparus ou emprisonnés pour lesquels j'entends me mobiliser, qu'il s'agisse de Céline Henry au Népal, de Marc Beltra en Colombie, de Christophe Beck au Venezuela ou encore de Michaël Blanc en Indonésie ». C’est la première fois, depuis la disparition de Marc que le ministère des affaires étrangères évoque de lui-même, sans répondre à une question de journaliste ou de député, le cas de Marc. Preuve que la médiatisation de sa disparition que nous avons entreprise depuis quelques semaines commence à porter ses fruits. Mais nous savons qu’il nous faut continuer à nous battre pour éviter que ces vœux n’engagent, comme les promesses électorales, que ceux qui les entendent. Il faut que les actes suivent. Cela va faire bientôt huit mois que le juge chargé de l’instruction a émis les commissions rogatoires internationales à destination de la Colombie, du Pérou et du Brésil. Officieusement, la Colombie et le Pérou auraient donné leur accord. Le Brésil traine des pieds. Que fait concrètement le ministère des affaires étrangères pour obtenir enfin cette dernière autorisation  qui permettrait aux enquêteurs de la police judiciaire de retourner sur place continuer leur travail ? Nous l’ignorons. Contrairement aux allégations du ministère dans son point de presse du 4 janvier, reproduit ci-dessous, nous n’avons aucune relation avec lui.

(La France est accusée d'avoir oublié le Français Marc Beltra disparu il y a plus de deux ans en Colombie. Quelles sont les mesures prises actuellement pour le retrouver ?)
Depuis la disparition de M.Marc Beltra, fin 2003, dans une région de Colombie frontalière du Brésil et du Pérou, le ministère des Affaires étrangères a fait et continue de faire tout ce qui est possible pour retrouver la trace de ce jeune coopérant français.
Toutes les pistes permettant de faire la lumière sur la disparition de notre compatriote sont explorées, notamment par notre ambassade à Bogota, en liaison avec les autorités locales colombiennes, la justice française et la famille de M. Beltra.
De même, nos attachés de sécurité intérieure à Brasilia et Lima sont en contact étroit avec les équipes d'investigation des polices des Etats concernés. Les recherches n'ont, jusqu'à maintenant, apporté aucune information susceptible d'expliquer la disparition de notre compatriote.
Un juge d'instruction a été désigné par la justice française pour mener l'enquête.
Le ministère des Affaires étrangères reste entièrement mobilisé./.

A suivre.

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10 janvier 2006

Vif du sujet

Aujourd'hui, France-Culture a consacré une très belle émission à la disparition de Marc. Je ne saurai que recommander à tous ceux qui s'intéressent à cette histoire d'écouter cette émission en la téléchargeant à partir du lien ci-dessous.

France-Culture - Vif du sujet - 10/01/2006

Merci beaucoup à Michel Pomarède pour la qualité de son travail. Merci également à Adriana, Yamil, Sylvain, Julien et Mathieu d'avoir accepté de témoigner dans cette émission. Merci enfin à Olivier pour avoir prêté sa voix à Marc. Et bien sûr, toute mon amitié et ma solidarité à Osange et Fabienne qui, comme nous, mènent un douloureux combat.

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01 janvier 2006

Anti-minute de silence le 4 janvier, 12H

Mercredi 4 janvier, Marc aura 24 ans. Pour montrer que l’on ne l’oublie pas et surtout pour attirer l’attention de tous – et en particulier des pouvoirs publics - sur son cas, nous lançons ce même jour, une "ANTI-minute de silence". L’idée est simple : faire en sorte que la chanson de Clarika soit écoutée ce jour là par le maximum de personnes en même temps, à midi. Pour cela, il suffit de télécharger la chanson, de l’envoyer par mail à tout votre carnet d’adresses et/ou de la graver et de l’offrir autour de vous. Et le 4 janvier à midi, jouer la à fond, chantez la à tue-tête, faites entendre haut et fort ce message de détresse et d’espoir. Ce n’est pas grand chose, un petit rien, une action symbolique, mais c’est une très jolie façon de médiatiser la disparition de Marc et de faire en sorte qu’on parle enfin de lui. Que son nom raisonne dans les airs et sur les ondes. Et qu’enfin les pouvoirs publics se penchent sur son cas.
Merci de votre coopération et bonne année à tous.

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13 décembre 2005

Chanson pour Marc

Clarika, c’est un visage de petite fille encadré de cheveux noir. Un visage bon. C’est la copine qu’on aimerait avoir pour les jours plus durs que les autres. Celle qu’on aurait plaisir à retrouver dans un café enfumé et bruyant. Celle avec laquelle on ne verrait ni les heures ni les verres passés. La bonne copine avec laquelle on pouffe au fond de la classe. Celle dont on se sépare toujours le sourire aux lèvres et dans la tête. Bref, une jolie personne. Et comme, parfois, la vie fait bien les choses, la jolie personne en a trouvé une autre pour faire la route ensemble. Jean Jacques, son compagnon, a lui aussi le visage bon. On le sent généreux. Le gars discret mais attentif. Celui qui répond rarement non. Toujours prêt à donner un coup de main. Bref, ces deux-là se sont trouvés et on ne peut s’empêcher d’en être légèrement jaloux ;)
Clarika chante depuis une dizaine d’années. Son quatrième album est actuellement sur les présentoirs de tous les bons disquaires et au prix vert dans les FNAC. Jean Jacques Nyssen, qui chante aussi, est son compositeur. Tous les deux viennent de réaliser, à l’attention de Marc, une très belle chanson, toute en émotion et en retenue. Cette chanson, c’est une bouteille à la mer. Ou plutôt un message jeté dans le cyberespace et sur les ondes à destination de Marc. On imagine Marc, au fin fond de sa forêt épaisse, allumant une radio et tombant sur cette chanson. Sur le cul le Marco ! Cette chanson, c’est un message d’espoir qu’on lui lance. Un appel de phare. Un signe de la main. Tiens bon Marco, on est là et on va finir par te retrouver.
Pour que Marc ait une chance d’entendre cet émouvant message, il faut le relayer. Alors téléchargez la chanson et à vos e-mails ! Envoyez-la à tout votre carnet d’adresses et demandez à vos destinataires d’en faire autant. Il faut que cette chanson se répande partout. Pas comme un virus, non, mais comme une bonne nouvelle. De plus, grâce à la générosité de Clarika et de Jean-Jacques, cette chanson est à la disposition de qui veut la chanter. Tous celles et ceux qui chantent sur cette planète peuvent la récupérer et l’interpréter devant leur public. Alors allez-y, à vous de jouer. A vos e-mails et à vos micros!
Merci également à Vladislav Galard, au violoncelle, et à Yann Lambotte, à la guitare.

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02 décembre 2005

Putain, deux ans!

Samedi dernier à la Boule noire. « Otra, otra ». Tu n’étais pas dans les vestiaires, à la place qui fut la tienne. Sur la piste, la boule à facettes faisait tournoyer des copeaux de lumière sur le visage des garçons. Sauf sur le tien. Pas là. Ailleurs. Trop loin. Hors d’atteinte. T’es où Marco ? Déjà dans les étoiles ou toujours dans la forêt ? Deux ans après que tu as disparu, quelque part en Amazonie, le mystère reste entier. La douleur de l’absence aussi. Putain, deux ans ! Il y a quelques années ce gimmick que les Guignols avaient plaçé dans la bouche de Chirac nous faisait marrer. Aujourd’hui, on trouve ça pas drôle du tout. Deux ans. Deux ans d’absence, de doute, d’espoir, de manque. Deux ans de silence. Mais ce silence, aussi lourd soit-il, ne nous a pas écrasé. On est toujours debout Marco. Et, mieux, de plus en plus nombreux. On vient de lancer un comité de soutien afin d’amplifier le son de notre voix et de donner plus de poids à nos actions. Grâce à la magie de la technologie, ton nom circule à la vitesse de la lumière sur le réseau. Des mails de soutien affluent chaque jour sur le site qui t’est consacré. De la France entière, des gens que nous ne connaissons pas manifestent leur compassion à ton égard et leur soutien en rejoignant le comité. Cela nous fait chaud au cœur. C’est toujours émouvant la solidarité. Alors, si t’es encore parmi nous, tiens bon Marco. Deux ans après, on ne t’as pas abandonné. On n’a pas renonçé à la joie de te retrouver.
Bientôt, une chanson consacrée à Marc, chantée par Clarika, sera disponible au téléchargement sur ce blog ou sur le site de Marc. Un concert de soutien devrait être organisé également en janvier. Nous en reparlerons.
Pour rejoindre le comité de soutien, merci d'envoyer un mail à contact@marc-beltra.info

PS: Aujourd'hui donc, cela fait deux ans que Marc a disparu. Pas un mot dans la presse. Pas un mot sur les ondes. Sans commentaire.

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30 novembre 2005

Le 2 décembre

Il y a de la buée sur les vitres. L'hiver nous est tombé dessus. Troisième hiver qui commence sans toi. Il y de la buée sur mes yeux. Pas besoin de l'hiver pour avoir froid au cœur.
Dans quelques jours ce sera le 2 décembre.
Le 2 décembre.
Triste date d'anniversaire. Celle de ta disparition. Deux ans ! Troisième Noël sans toi ! Noël, on s'en fout, mais toi !
Et puis, juste après, il y aura le 4 janvier. Tes 24 bougies, qui va les souffler ? Encore nous, tous seuls devant l'ordi ? 24 bougies virtuelles et ta photo en arrière-plan comme pour tes 23 ? Je sais, tu es photogénique, mais tout le monde meurt d'envie de te serrer dans ses bras Marco. On ne s'habitue pas à ton absence Marco.
Dans trois semaines Françoise rentre à Paris. Le cœur en mille morceaux. Elle qui pensait tenir ta main dans le Bogota-Paris qui nous la ramène. Ta mère-courage qui depuis près de deux ans, te cherche partout autour de Leticia, persuadée qu'elle te trouverait un jour dans le coin là-bas. Françoise qui t'a envoyé pleins de messages sur "las voces del secuestro", la radio qui est diffusé dans la jungle et qui redonne un peu d'espoir aux familles de disparus, l'espoir que l'être cher va entendre le message personnel qui lui est adressé. Françoise qui a montré ta photo partout, à tous les indigènes qu'elle a croisé, aux touristes aussi... Elle ne savait pas dans quel état elle allait te trouver. Mais elle y a cru. C'est dur pour elle de quitter l'Amazonie. Ce monde qu'elle a apprivoisé juste pour toi, pour te retrouver. "Mi hijo"... Tout le monde la connait à Leticia.
2 décembre, 4 janvier, 2 ans, 24 ans... que de dates, que de chiffres, qui se bousculent dans ma tête. Et en face, un grand vide, un grand rien, un énorme ZÉRO.
"Marco, t'es où ?"
La phrase la plus répandue chez les utilisateurs de téléphone portable. "T'es où ?". Malheureusement, je ne suis pas en train de téléphoner. Je t'écris, mais dans le fond c'est au monde entier que je m'adresse. Pour leur dire de m'aider à te retrouver. De nous aider. La vie sans toi est devenue fade. Et toi, ta vie à toi, quel goût elle a ? Nous on se bat avec notre douleur, mais toi ? Es-tu encore sur cette terre d'abord ? Dans ce cas, es-tu malade ? Qui s'occupe de toi ? On va y retourner. Marco. On va pas lâcher l'affaire. Help ! Socorro ! Madame, Monsieur, vous qui surfer sur le net bien au chaud dans votre chez vous, aidez-nous à retrouver Marco.
Le 2 décembre.
C'est une sale date. Mais c'est pas encore la date anniversaire de ta mort. Car tant qu'on ne m'a pas donné la preuve, je ne le croirai pas. Et cette preuve il faut aller la chercher. Pourvu qu'ils ne la trouvent pas mais pourvu qu'ils y aillent. Tu sais qu'il y a encore un Raphaël qui veille sur toi, Marco. C'est marrant, tu as quelque chose avec les Raf(ph)aël n'est-ce pas ?
Marco tu es vivant. J'ai encore rêvé hier qu'on t'avait retrouvé. Combien de fois j'ai fait ce rêve. Je n'ai jamais rêvé que tu étais mort. Ce doit être un signe.
Le 2 décembre.
L'occasion de reparler de toi à tous ceux qui n'ont pas eu la chance de te connaître. A ceux qui doivent nous aider. Vite. Très vite. Car moi je leur dis qu'il reste encore une chance pour qu'ils te connaissent un jour !
Clara.

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21 novembre 2005

Solidarité avec Ingrid

Le comité de soutien à Ingrid Bétancourt organise un rassemblement des élus français pour la libération d'Ingrid et des otages en Colombie. Ce rassemblement se tiendra mercredi 23 à 12H30 devant l'ambassade de Colombie, 29 rue de Constantine - 75007 Paris.
Nous serons, bien sûr, présents à ce rassemblement, solidaires. Merci de venir nous rejoindre!

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02 novembre 2005

700 jours

700 jours. Les chiffres tout ronds, c’est comme pour les anniversaires, c’est dur à passer. Sauf qu’avec les anniversaires, une fois la pilule avalée, on continue sur sa lancée. Mais là, on a du mal à avaler. Et on ne veut pas continuer. On veut que le décompte cesse. On veut retrouver Marc. Et si possible en bon état. Or chaque jour qui passe rend cet objectif encore plus incertain. Dans son récit de voyage « El rio de la desolacion – un viaje por el Amazonas » le journaliste écrivain espagnol Javier Reverte écrit : « Me parece que la violencia sigue siendo la unica ley en aquellos territorios impios. Siento que alli todo le esta permitido al furor de la Naturaleza y a los mas salvajes corazones humanos ». Tout est dit. L’Amazonie est le lieu de la violence. Celle de la nature et celle des hommes. Du moins, de certains. C’est pourquoi il est urgent de retrouver Marc. Il est urgent que les enquêteurs français puissent reprendre leur investigation. Il est urgent que les pouvoirs publics interviennent pour les aider à  accomplir leur mission. Pour cela, il faut que ces mêmes pouvoirs publics cessent de se draper dans leur orgueil déplacé. Il faut qu’ils reconnaissent que, pour Marc, ils n’ont fait que le minimum. Ce qu’ils doivent à tout citoyen en difficulté quelque part dans le monde. Et puisque ce minimum n’a rien donné, il faut faire plus. Et ce "plus" n’est pas énorme. Il consiste à passer quelques coups de téléphone en Colombie, au Brésil et au Pérou afin d’ accélérer les processus de décision. Rien de sorcier pour des diplomates français, si performants selon leur ministre de tutelle. Il est donc temps de faire plus pour retrouver Marc. Plus précisément, il est urgent de tout faire pour retrouver Marc. Car quand on n’a pas tout fait pour quelqu’un, on a rien fait.

"Il me semble que la violence continue d'être l’unique loi dans ces territoires maudits. J'ai le sentiment qu'ici, tout est permis à la fureur de la Nature et aux coeurs humains les plus sauvages".

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30 octobre 2005

Les Verts à Bogota

Communiqué de presse:

Une délégation de 20 responsables de partis Verts de tous les continents se rendra à Bogota du 31 octobre au 6 novembre dans le cadre d'une action internationale de solidarité avec Ingrid Bétancourt, Clara Rojas et tous les otages colombiens. Cette délégation sera conduite par Grazia Francescato, porte parole du Parti Vert européen, et Alain Lipietz, député européen président de la délégation Communauté Andine, et Sergio Coronado, porte-parole des Verts.


Des Verts du Luxembourg, des Pays-Bas, d’Italie, d’Australie, des Etats-Unis, du Brésil, du Mexique, du Niger, de Mongolie, du Japon et de Taiwan donneront à cette délégation sa dimension mondiale. Les Verts français seront représentés, outre Alain Lipietz et Sergio Coronado, par Patrick Farbiaz, délégué aux relations internationales. Cette action de solidarité répond à une proposition des Verts français, qui a été adoptée par le Parti Vert Européen qui en a délégué la réalisation aux Verts français en liens avec les Verts colombiens.

Les Verts mondiaux entendent ainsi montrer publiquement à l’opinion publique colombienne, au président Uribe et aux FARC le prix qu’ils attachent à la libération de l’ensemble des otages colombiens, dont Ingrid Betancourt et Clara Rojas qui ont été enlevées par les FARC, il y a près de quatre ans alors qu’elles menaient leur campagne de candidates à la présidence et à la vice-présidence au nom du Partido Verde-Oxigeno. Les Verts sont convaincus qu’une très forte pression internationale est nécessaire pour pousser le président Uribe et les FARC à un accord humanitaire.

La délégation des Verts s’associera à la manifestation des parents de victime, et aura de nombreux entretiens avec de nombreuses organisations et personnalités colombiennes comme Luis Eduardo Garzon, maire de Bogota, Luis Carlos Restrepo, commissaire à la paix du gouvernement, Mgr Luis Augusto Castro, président de la conférence épiscopale, des forces politiques de la gauche démocratique (Pole démocratique indépendant, Front Social et politique), des syndicats, des ONG, etc.

Elle mettra en lumière également les nombreux dégâts environnementaux consécutifs au conflit aux côtés des associations de protection de la nature, et annoncera les mesures que les Verts mettront en place de façon permanente en faveur des otages.

Sergio Coronado, porte-parole national

Mathieu, notre avocat, a rencontré Sergio Coronado avant son départ. Ce dernier s'est montré sensible au cas de Marc. Mathieu lui a remis un dossier sur la disparition ainsi que des photos. A suivre.

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25 octobre 2005

Le combat continue

Hier soir, soirée de soutien à Ingrid Bétancourt au Théatre du Rond Point. Un grand merci à Hervé, Ludo, Dorothée, Muriel, Arnaud et tous les autres, membres du comité de soutien à Ingrid, qui se battent avec l’énergie de l’espoir pour qu’on ne l’oublie pas et que cesse enfin son calvaire. Nous sommes solidaires de leur combat. Merci également à eux de nous associer, chaque fois qu’ils le peuvent, à toutes leurs manifestations afin que le nom de Marc ne tombe pas dans l’oubli. Merci pour leur générosité. Merci enfin à Olivier et son émouvante lettre ouverte à Marc. Manifestement, elle n’a laissé personne indifférent. Ni le public, ni le ministre ;) L’accueil qu’il a reçu montre que la sensibilité n’est pas morte sur cette planète. Que des anonymes sont encore capables de vibrer pour des anonymes. Que l’indifférence contemporaine n’est pas encore parvenue à bout de la solidarité. Et qu’on est encore tous en droit de continuer à espérer. Merci à tous. Le combat continue. Venceremos !

Lettre à Marc:
Marco. Cela fait longtemps que tu ne m’as pas fait de sourire. Cela fait longtemps que je n’ai pas entendu le son de ta voix. L’éclat de ton rire. Cela fait longtemps que l’on n’a pas parlé tous les deux. Longtemps que tu n’as pas cherché à m’imposer, péremptoire, tes certitudes. Le doute ça sera pour plus tard. Quand le temps aura bousculé un peu tout ça. Marco, cela fait longtemps que tu ne m’as pas appelé pour aller au ciné. Je n’ai pas beaucoup amorti mon abonnement depuis toi. Cela fait longtemps que nous n’avons pas parlé littérature tous les deux. Je me souviens de ton enthousiasme pour les auteurs sud-américains. Un peu avant de partir pour Bogotá, tu m’avais convaincu de me replonger dans ce chef d’oeuvre de Garcia Marquez qui, des années auparavant, m’était tombé des mains d’ennui. Mauvaise nouvelle : je l’ai à nouveau laissé tomber. Il est temps que tu reviennes, si tu veux que je le termine un jour. Oui, il est temps que tu reviennes. Mais pour cela, il faudrait qu’on t’aide un peu. Et là, mauvaise nouvelle, les politiques ne sont toujours pas décidés à se bouger. On les aurait voulu concernés, volontaires, efficaces. Ils sont justes passifs. Marc Beltra ? Quel journal ? Et oui Marco, c’est comme ça que ça marche dans la patrie des droits de l’homme. Si tu n’as pas tous les jours ta photo à la une des journaux, si ton nom ne défile pas en bas des écrans de télévision pour rappeler ta détresse à ceux qui nous gouvernent, ils t’oublient. Tout simplement. De vraies têtes de linote. Alors toi, de ton côté, dans ton coin perdu d’Amazonie, inutile de lever la tête au ciel dans l’espoir d’hypothétiques hélicoptères, inutile de guetter le ronronnement espéré d’une vedette sur la rivière, la cavalerie ne viendra pas. Elle attend ses putain d’ordres. Et personne ne semble motivé pour les donner. Mais pour autant, ne désespère pas Marco. Les gens qui t’aiment ne t’ont pas abandonné. Ils se battent pour que ton nom cesse d’être un simple numéro de dossier aux ministères de la justice et des affaires étrangères. Ils se mobilisent pour que ton nom et ton visage viennent troubler chaque jour leur apathie. Regarde cette salle Marco, des centaines de gens. Et sur scène, Renaud et tous ses amis. Tout ça pour toi. Enfin presque. Pour être franc, s’ils sont là, c’est pour soutenir Ingrid Betancourt. Avant de venir ce soir, la plupart n’avait jamais entendu ton nom. Mais je te promets que désormais ils ne l’oublieront pas. Voilà Marco. Courage. On t’aime et on t’embrasse. Et si Ingrid est à côté de toi, embrasse là pour nous. A très bientôt.

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